Dans un marché où assembler un PC gaming ressemble parfois à naviguer en pleine tempête (les prix de la RAM qui s’envolent, les stocks qui disparaissent…), le YouTubeur Geekowatt nous prouve que non, tout n’est pas perdu. Sa dernière config’ vise le 1440p mais – surprise – tient carrément la route en 4K aussi.
Le cœur du système, ou comment choisir sans se ruiner
Bon alors, parlons du processeur d’abord parce que franchement c’est là que tout commence. Le Ryzen 5 9600X d’AMD. Six cœurs, douze threads – vous connaissez la chanson. Mais ce qui est intéressant ici (et Geekowatt insiste vraiment là-dessus), c’est que pour un build à 2000 dollars maximum… bah c’est largement suffisant en fait.
Pas besoin de viser la lune avec un processeur hors de prix quand celui-ci délivre déjà des fréquences élevées et des perfs en mono-thread qui déchirent. Le gaming moderne adore ça. Et puis Geekowatt qui dirige Geek PC au Royaume-Uni (une boîte de PC pré-assemblés, pour ceux qui suivent pas), il en a monté des dizaines de ces configs – donc quand il dit que ça suffit, on peut le croire.
Côté carte graphique maintenant. La RX 9070 d’AMD, positionnée pile-poil au milieu de leur gamme. Plus puissante que la 9060 XT d’entrée de gamme, bien moins chère que la 9070 XT haut de gamme. Et là, petite leçon d’économie de marché : au lancement de la série 9070 (y’a genre un an déjà, le temps passe vite hein), personne ne voulait vraiment de ce modèle standard. Pourquoi? Parce que la XT coûtait à peine plus cher pour des perfs nettement supérieures.
Mais voilà – et c’est là où ça devient intéressant – les choses ont évolué. L’écart de prix s’est creusé progressivement, et maintenant la RX 9070 « basique » fait sens financièrement parlant.
Pour les Team Green (vous savez, les fidèles de Nvidia qui ne jurent que par le vert), la RTX 5070 offre grosso modo les mêmes performances… sauf qu’elle perd 4 Go de VRAM au passage. Aïe. Et en 2025 avec les textures qui grossissent dans tous les jeux AAA, perdre 4 Go c’est pas anodin du tout.
Ce duo CPU + GPU forme selon l’expert une vraie « centrale électrique » en 1440p. En 4K? Les résultats pourraient vous surprendre (spoiler: dans le bon sens).
La RAM, ce cauchemar actuel
Ah la mémoire vive… soupir. C’est vraiment LE point noir de 2025 pour qui veut monter un PC. Geekowatt y consacre d’ailleurs un bon moment dans sa vidéo parce que franchement, impossible de faire l’impasse sur le sujet.
Normalement – enfin dans un monde normal quoi – il aurait recommandé 32 Go de DDR5 à 6000 MT/s avec une latence CAS de 30. C’est le sweet spot pour les processeurs AMD actuels, tout le monde le sait. Sauf que voilà: dans le « climat actuel » (j’adore cette expression qui veut tout et rien dire), ces specs sont devenues « complètement irréalistes ». Ses mots, pas les miens.
Il a même fait une vidéo entière sur cette crise de la mémoire – expliquant pourquoi ça arrive, comment, les impacts… Le résumé? La mémoire coûte cher, c’est chiant, et ça va pas s’arranger demain matin. Point barre.
Pour son build il prend un kit Corsair qu’il qualifie de « représentatif » de ce qu’il utiliserait d’habitude… mais attention (et c’est important ça), ce sera pas forcément ce que VOUS trouverez en stock quand vous irez chercher vos composants. La flexibilité est devenue le maître-mot. Comparer les prix, accepter des compromis sur la marque ou les specs exactes.
Et si vous avez déjà de la DDR5 chez vous? Gardez-la. Sérieusement, upgrader maintenant c’est jeter l’argent par les fenêtres.
Le stockage apporte enfin une bonne nouvelle (si si)
Heureusement que tout n’est pas catastrophique hein! Les SSD par exemple… là on respire un peu.
Le Team Group MP44L de 1 To – un des favoris de Geekowatt visiblement (il en parle avec un enthousiasme qui fait plaisir) – rapide, bon rapport qualité-prix. Au 6 janvier, date du tournage, il tournait autour de 90 dollars sur Newegg.
Certes, six mois avant on le trouvait à 65 balles. Mais (et c’est le point crucial), les hausses de prix sur les SSD ont ralenti voir même reculé légèrement. Dans le contexte actuel où tout augmente… moins de 100 dollars pour ce niveau de perf, c’est presque une aubaine!
Watercooling : nécessaire ou luxe?
Alors là on entre dans le débat éternel: air ou liquide? Pour un Ryzen 5 9600X qui chauffe pas des masses à la base, Geekowatt opte quand même pour un AIO. Le Montek Hyperflow 360 pour être précis.
Ses raisons? D’abord maximiser le flux d’air dans le boîtier (on y reviendra), ensuite – et soyons honnêtes – parce que ça en jette visuellement. Au UK il l’a repéré à 65 livres chez Scan, soit environ 80 dollars. Et bonus non négligeable: trois ventilateurs ARGB supplémentaires inclus qui viendront garnir le haut du boîtier.
Bon après, budget serré oblige, il mentionne quand même des alternatives à dissipation par air – le Vetroo V5, le Thermalright Peerless Assassin (quel nom quand même), diverses options Montek… Mais dans SA vision du build idéal, le watercooling s’imposait.
C’est pas juste une question de température en fait. C’est toute l’esthétique du système qui se joue là-dessus.
Le boîtier King 45 Pro, cette petite révolution
Accrochez-vous parce que Montek a fait un truc… différent. Le King 45 Pro déplace l’alimentation du bas (où elle traîne depuis la nuit des temps) vers le CÔTÉ. Oui oui, sur le côté.
Pourquoi faire ça? Pour libérer l’espace en bas et y foutre trois ventilateurs de 120mm légèrement inclinés. Cette angulation c’est pas juste pour faire joli – ça optimise réellement le flux d’air tout en gardant ce panneau vitré à l’avant que tout le monde aime.
À l’arrière: une découpe massive pour l’airflow. Logique quand on sait qu’une grosse partie de l’air pour les ventilos frontaux vient de derrière. En ouvrant le panneau latéral (et là Geekowatt a l’air vraiment impressionné dans sa vidéo), on découvre:
- Un hub ARGB et ventilateurs intégré, incliné pour faciliter les branchements
- Un système de porte à charnière pour gérer les câbles
- Tous les ventilateurs PRÉ-CÂBLÉS au hub (vous savez à quel point c’est rare ça?)
La gestion des câbles n’est pas parfaite certes… mais « vraiment pas loin » pour un hub intégré. Et cerise sur le gâteau: support des cartes mères à connecteurs inversés, cette tendance récente où tous les câbles passent derrière.
Le boîtier a suffisamment d’espace à l’arrière pour accueillir ces modèles. Même si Geekowatt ne part pas là-dessus pour ce build spécifique.
La fondation: Gigabyte B850 Eagle WiFi 6E
Pour la carte mère, choix pragmatique – la Gigabyte B850 Eagle WiFi 6E. Une carte qu’il utilise « des tonnes de fois » chez Geek PC apparemment.
Les critères? WiFi et Bluetooth corrects intégrés, support PCIe Gen 5, connectique USB-C acceptable et surtout… un prix qui fait pas mal. Dans un build comme celui-ci où chaque euro compte, ça pèse dans la balance.
Petit moment drôle: le cache de socket est marqué ASRock alors que c’est une carte Gigabyte. Geekowatt explique qu’il perd ces petits trucs TOUT LE TEMPS – relatable pour quiconque a déjà assemblé des PC, non?
L’installation suit le protocole AMD classique: triangle du CPU aligné avec celui du socket, cache, lever de verrouillage… Vous connaissez la musique si vous avez déjà fait ça.
RAM dans les slots 2 et 4 (configuration standard pour deux barrettes). Le SSD sous le dissipateur M.2 sans outil – mais attention, c’est le slot Gen 5 donc à réserver pour les disques de cette génération! Les Gen 4 vont en dessous.
Corsair RM750e: quand les câbles font la différence
L’alimentation mérite qu’on s’y attarde. 750W de puissance (logique vu le nom), mais surtout: des câbles pré-tressés qui sans égaler les extensions haut de gamme dédiées… ont quand même une gueule infiniment meilleure que les câbles standard tout moches.
Et ça c’est des économies directes – pas besoin d’acheter des câbles custom à 50 balles pièce.
Point crucial souligné par Geekowatt (et je le répète parce que j’ai fait cette erreur moi-même): activez l’interrupteur de l’alim AVANT de refermer le capot latéral! Erreur classique du débutant – vous fermez tout, vous appuyez sur le bouton power, rien ne se passe, vous paniquez pendant 20 minutes avant de réaliser…
L’assemblage, cette chorégraphie bien huilée
La séquence d’installation montre l’expérience du bonhomme. Carte mère, alimentation, watercooling avec les ventilos déjà montés sur le radiateur par Montek (merci à eux d’ailleurs).
Radiateur au sommet du boîtier, bloc pompe vissé sur le processeur après application de pâte thermique – les gestes sont précis, efficaces. Le câble 4 broches de la pompe rejoint la prise CPU_OPT sur la carte mère.
Puis vient la carte graphique et là… opinion tranchée de Geekowatt: il VEUT qu’AMD adopte le connecteur PCIe Gen 5 (12VHPWR). Les vieux 6+2 broches lui paraissent « disgracieux » comparés à ce qu’on trouve sur les GPU Nvidia. Et maintenant que les problèmes de câbles qui fondent sont résolus… il trouve juste ça mieux. Point.
La Gigabyte RX 9070 s’insère dans le premier slot PCIe. « Ça en jette », il ne peut pas s’empêcher de le dire – les proportions sont bonnes, l’ensemble visuellement cohérent.
Les perfs en jeu: le moment de vérité
Pour tester tout ça: l’écran Iiyama Red Eagle G-Master GB3261UHSCP (essayez de prononcer ça trois fois vite). Un 4K 144Hz d’entrée de gamme, parfait pour évaluer les deux résolutions ciblées.
Marvel’s Rivals en 1440p: 108,8 fps de moyenne. Solide! Un niveau compétitif satisfaisant. En 4K par contre ça descend à 70 fps environ… jouable mais pas transcendant. Pour un jeu compétitif vous privilégierez sans doute le 1440p de toute façon – le framerate prime sur la beauté ici.
Arc Raiders (titre intensif et tout récent): 121 fps moyens en 1440p sur réglages élevés. Impressionnant vu à quel point ce jeu est gourmand. La 4K ramène ça à 85 fps… plus confortable que Marvel’s Rivals en ultra HD, montrant que la 4K reste accessible si vous cherchez cette qualité visuelle.
Battlefield 2042 – et là ça devient intéressant. 130 fps en 1440p, déjà énorme. Mais en 4K? 88 fps moyens. Et Geekowatt l’affirme sans détour: pour ce jeu aux visuels spectaculaires, il prendrait la résolution supérieure même au détriment du framerate. La comparaison côte à côte (même si difficile à reproduire parfaitement dans Battlefield) montre clairement la différence visuelle.
C’est subjectif évidemment… mais quand les graphismes sont aussi travaillés, pourquoi ne pas en profiter?
F1 2025 couronne les tests: plus de 200 fps en 1440p (complètement overkill honnêtement), et encore 120 fps en 4K. Pour une sim de course, largement au-dessus des besoins. La marge de manœuvre est confortable quelle que soit la résolution choisie.
Le verdict final, ou l’art du compromis intelligent
Cette config’ illustre parfaitement comment naviguer dans le PC gaming de 2025 sans y laisser un rein.
Face à la crise de la RAM? Flexibilité et comparaison de prix plutôt que l’entêtement. Économies sur les câbles d’alimentation déjà tressés plutôt que custom. Investissement ciblé sur le refroidissement et l’esthétique parce que oui, ça compte aussi – un PC c’est pas qu’une liste de specs, c’est un objet qu’on regarde tous les jours.
La question posée à la communauté résume bien l’enjeu: machine 1440p pure ou système capable d’incursions en 4K? Les benchmarks penchent pour la seconde option. Avec plus de 85 fps dans la plupart des AAA testés en 4K… cette flexibilité est réelle, pas juste théorique.
Pour environ 2000 dollars (ajustements selon les stocks et les prix du moment bien sûr), vous obtenez une machine qui excelle en 1440p ET tient très bien en 4K. Le tout dans un boîtier innovant avec une esthétique soignée.
Geekowatt propose même cette config en pré-assemblé via Geek PC pour le marché britannique – preuve qu’il a suffisamment confiance dedans pour mettre son nom dessus commercialement.
Dans un contexte où monter un PC gaming relève parfois du parcours du combattant (les stocks, les prix, les incompatibilités surprises…), ce build démontre qu’avec les bons choix et surtout une certaine dose de pragmatisme… l’excellence reste à portée de main.
Pas besoin de viser la perfection absolue sur chaque composant. Parfois accepter un compromis ici permet d’investir mieux ailleurs. C’est toute la philosophie de ce build finalement.


