16 Go de RAM en 2026 : suffisant ou suicide numérique ?

Quand la pénurie de DDR5 nous force à repenser tout ce qu’on croyait savoir sur nos configs gaming

Bon, soyons honnêtes deux secondes. La situation avec la mémoire DDR5 en ce moment… c’est le chaos absolu. Vous vous souvenez quand on pouvait acheter 32 Go sans vendre un rein ? Moi je me rappelle avoir monté mon dernier PC en juin dernier, j’avais chopé un kit Corsair à 95 balles. Aujourd’hui ce même kit ? Pfff, on parle de 250-260 euros, peut-être plus selon les jours.

Et là vous vous dites — enfin j’espère que vous vous dites ça — est-ce qu’on pourrait pas juste… descendre à 16 Go ? Temporairement bien sûr. En attendant que ça se calme (spoiler alert: ça va pas se calmer).

Des tests qui chamboulent les certitudes

Alors voilà, une série de benchmarks assez poussés vient de sortir et franchement, les résultats sont… surprenants ? Déconcertants ? Je dirais les deux. On a testé une dizaine de jeux ultra populaires — Call of Duty Black Ops 7, Cyberpunk 2077, Indiana Jones (oui celui-là), Arc Raiders et toute une tripotée de jeux Unreal Engine qui normalement bouffent de la RAM comme moi je bouffe des tartines le matin.

Premier constat, et c’est là où ça devient intéressant: la différence entre 16 Go et 32 Go en termes de FPS moyens ? Elle existe mais… elle est ridicule. Genre vraiment ridicule.

Call of Duty en 1080p avec des réglages élevés — pas ultra hein, élevés — tourne à 149 images/seconde avec 16 Go. Vous rajoutez une seconde barrette pour atteindre 32 Go et hop, vous grimpez à 156 FPS. Faites le calcul: 6,4 FPS de gain. Même pas 5% d’amélioration !

Cyberpunk c’est encore mieux (ou pire, selon comment vous voyez les choses): 128 FPS contre 129 FPS. UN frame de différence. Je veux dire, sérieusement, qui va remarquer ça en jouant ?

Mais attention — et c’est là que ça se corse

Parce que bon, les moyennes c’est bien joli mais ça raconte qu’une partie de l’histoire. Les 1% low et les 0.2% low, vous savez ces petits indicateurs qui mesurent en fait la VRAIE fluidité du jeu… là c’est différent.

Sur Cyberpunk justement (qui décidément nous réserve des surprises), les 0.2% percentile gagnent environ 20 images par seconde avec 32 Go. Les 1% low progressent d’une dizaine de FPS. C’est pas rien quand même ! Ça veut dire moins de micro-saccades, moins de ces petits ralentissements qui vous sortent de l’immersion quand vous explorez Night City — cette ville qui soit dit en passant reste absolument magnifique même trois ans après sa sortie.

Arc Raiders… oh putain Arc Raiders. Là on a un truc bizarre. La moyenne avec 16 Go ? 137 FPS. Avec 32 Go ? 134 FPS. Oui vous avez bien lu, MOINS avec plus de RAM. Mais (et oui il y a toujours un « mais »), regardez les percentiles bas: 0.2% à 55 FPS avec 16 Go versus 70 FPS avec 32 Go. Les 1% low grimpent carrément de 85 à 115 FPS.

C’est fou non ? Le framerate moyen vous dit un truc, la stabilité vous en raconte un autre complètement différent.

La résolution change-t-elle la donne ?

Alors là j’avoue, moi le premier je pensais qu’en montant en résolution — genre passer de 1080p à 1440p puis 4K — l’écart allait se creuser. Logique non ? Plus de pixels, plus de données, plus besoin de RAM…

Eh ben non.

En 1440p avec une RX 9070 XT (cette carte qui soit dit en passant est absolument MASSIVE, le boîtier fait la taille d’une brique), Call of Duty affiche 166 FPS avec 16 Go contre 177 FPS avec 32 Go. Bon ok, 11 FPS de diff c’est un peu plus que en 1080p mais ça reste sous les 10% d’amélioration. Cyberpunk lui s’en fout complètement: 145.5 FPS pile poil dans les deux configs. Au dixième près bordel !

Et en 4K — accrochez-vous — avec une RTX 5080 (pas la 5090 parce que soyons réalistes, qui achète vraiment ce truc à part les mineurs et les YouTubeurs sponsorisés ?), les résultats deviennent… contre-intuitifs.

Call of Duty: 103 FPS en 16 Go, 101 FPS en 32 Go. Oui, MOINS avec PLUS de RAM ! Cyberpunk: 92 vs 90.9 FPS. Expedition 33 et The Finals tournent même MIEUX avec 16 Go qu’avec 32 Go en 4K.

Pourquoi ce phénomène étrange ?

Simple en fait — enfin, relativement simple. En très haute résolution, c’est votre GPU qui sature en premier. Pas votre RAM système. La mémoire vidéo (VRAM) joue un rôle infiniment plus crucial que la DDR5 classique à ce niveau-là. C’est comme si vous essayiez de remplir un verre d’eau avec un tuyau d’arrosage alors que le robinet est à peine ouvert: le problème c’est pas la taille du tuyau.

L’évolution technologique qui sauve nos fesses

Il faut qu’on parle d’un truc essentiel ici, un élément qui explique pourquoi manquer de RAM en 2026 c’est plus la catastrophe que c’était en 2015-2016…

Les SSD modernes.

Quand votre système manque de RAM physique, Windows (ou Linux, faites ce que vous voulez) crée ce qu’on appelle de la mémoire virtuelle. En gros il utilise votre SSD comme RAM de substitution. Avant, avec des disques durs mécaniques qui plafonnaient à 500-600 Mo/s… c’était l’enfer sur terre. Votre PC devenait une limace numérique.

Maintenant avec des SSD NVMe Gen 4 qui crachent du 7000 Mo/s — les tests ont été faits avec un Lexar NM790 pour être précis — la mémoire virtuelle peut prendre le relais sans que tout s’effondre dramatiquement. C’est pas parfait hein, clairement pas optimal, mais c’est VIABLE. Et ça change tout dans l’équation.

Je me souviens avoir fait tourner Photoshop en 2014 avec 8 Go de RAM et un vieux disque dur… chaque fois que le swap se déclenchait je pouvais aller me faire un café. Aujourd’hui vous remarquez à peine le passage à la mémoire virtuelle dans beaucoup de scénarios.

Et pour le montage vidéo alors ?

Parce que bon, on joue pas QUE aux jeux (enfin si, mais faisons comme si on était productifs).

Tests sous DaVinci Resolve avec deux scénarios. Premier test: un clip court avec du tracking 3D et des objets 3D intégrés — le genre de trucs qu’on voit dans les vidéos YouTube gaming justement.

Rendu avec 16 Go: 1 minute 54 secondes
Rendu avec 32 Go: 1 minute 52 secondes

DEUX SECONDES de différence. Sérieux.

Deuxième test, plus costaud: une vidéo YouTube complète de format technique (vous savez ces reviews de matos qui durent 20 minutes). Config avec un Ryzen 9 7950X et une RTX 4080 Super histoire d’avoir vraiment aucun bottleneck CPU ou GPU…

32 Go: 27 minutes 18 secondes
16 Go: 28 minutes 14 secondes

Une minute d’écart sur un rendu de près d’une demi-heure ! C’est presque insultant pour nos barrettes de RAM hors de prix non ?

Bon après faut nuancer — je sais je sais, j’adore nuancer — si vous faites du montage 8K avec 47 pistes audio et des effets After Effects qui font chauffer le radiateur de votre appart, là oui vous allez sentir la différence. Mais pour du montage YouTube standard, du streaming, même avec OBS qui tourne en fond… 16 Go s’en sortent.

La stratégie d’achat intelligente (ou comment ne pas se faire avoir)

Admettons que vous craquiez. Vous vous dites « ok, je tente le coup avec 16 Go en attendant des jours meilleurs » (qui ne viendront probablement jamais mais passons).

PREMIERE REGLE ABSOLUE: achetez UNE barrette de 16 Go. Pas deux de 8 Go.

Pourquoi ? Parce que les barrettes DDR5 de 8 Go sont aussi rares que les RTX 5090 en stock chez votre revendeur local. Elles existent quasiment pas. En plus, avec une seule 16 Go, vous gardez un slot libre pour ajouter une deuxième barrette identique plus tard — quand les prix redescendront (rires nerveux).

DEUXIEME REGLE: prenez une marque mainstream genre Corsair Vengeance RGB. Pas le kit no-name à 15 euros moins cher sur AliExpress. Vous voulez GARANTIR que dans 6 mois, 1 an, vous pourrez retrouver EXACTEMENT la même barrette — mêmes fréquences, mêmes latencies (CL).

Parce que sinon ? Votre carte mère va faire la gueule. Les deux barrettes vont se synchroniser sur les specs les plus basses et vous allez perdre en performances. Ou pire, instabilité système, écrans bleus, crashs aléatoires… la totale quoi.

eBay, Facebook Marketplace, même Amazon d’occasion — avec une marque connue vous trouverez. Avec le kit exotique « TurboSpeed Gaming Xtreme 9000 » de la marque qu’on connaît pas… bonne chance.

L’économie réinvestie: là où ça devient intelligent

Petit calcul rapide.

Config d’entrée de gamme à 1200 euros avec une RX 9060 XT (carte de 16 Go de VRAM soit dit en passant, choix délibéré pour éviter les bottlenecks mémoire vidéo). Différence de prix entre 16 Go et 32 Go de DDR5 en ce moment… environ 160 euros.

160 euros sur 1200, ça fait quoi ? Plus de 13% de votre budget total ! Vous réalisez ce que vous pouvez faire avec 13% de budget en plus ?

Passer d’une RX 9060 XT à une RX 9070 XT par exemple. Ou ajouter un SSD Gen 5 pour le DirectStorage. Ou investir dans un meilleur refroidissement pour overclocker votre CPU. Les possibilités sont… nombreuses.

Et devine quoi ? Le gain de performances d’un GPU plus puissant va EXPLOSER le petit 5-10% que vous perdez en descendant à 16 Go de RAM. C’est pas un calcul compliqué mais c’est un calcul que beaucoup oublient de faire.

Sur une config à 2500-3000 euros par contre… 160 euros ça pèse moins lourd. Vous êtes déjà dans le haut de gamme, autant aller au bout de la logique non ?

Les trois mousquetaires du test (ou comment on a procédé)

Pour être rigoureux — et Dieu sait qu’on essaie de l’être malgré le chaos ambiant — trois configs différentes ont été testées.

L’entrée de gamme: RX 9060 XT avec 16 Go de VRAM. Carte plutôt imposante d’ailleurs, le carton fait presque peur quand vous le recevez. Choix délibéré des 16 Go de VRAM pour isoler les bottlenecks RAM système.

Le milieu de gamme: RX 9070 XT. Cette carte est… comment dire… ENORME ? J’ai pas d’autres mots. Triple ventilateur, système de refroidissement qui pourrait climatiser une petite pièce, RGB partout (évidemment). Mais elle cartonne niveau performances.

Le haut de gamme mainstream: RTX 5080. Pas la 5090 parce que franchement, qui achète vraiment cette carte ? Les streamers sponsorisés et c’est tout. La 5080 représente le summum du raisonnable pour quelqu’un qui veut du très haut de gamme sans hypothéquer sa maison.

Chaque config a avalé la même liste de jeux: Call of Duty Black Ops 7 (excellent jeu soit dit en passant, bien meilleur que Vanguard), Cyberpunk 2077 avec tous ses DLCs, Indiana Jones qui est surprenamment gourmand, Arc Raiders en early access…

Plus les jeux Unreal Engine 5 connus pour leur appétit féroce en RAM: Fortnite évidemment, The Finals qui devient de plus en plus populaire, et Expedition 33 qui reste relativement niche mais technique.

Tests en 1080p, 1440p et 4K pour chaque config. Paramètres élevés partout (pas ultra, on est pas fous). Et surtout — SURTOUT — mesure des percentiles bas parce que les moyennes c’est bien gentil mais ça raconte qu’une partie de l’histoire.

Le marché de la mémoire: une tempête parfaite

Faut qu’on parle de l’éléphant dans la pièce.

Il y a six mois — SIX MOIS bordel — un kit DDR5 32 Go de marque correcte se trouvait entre 90 et 110 euros selon les promos. C’était la norme. Personne se posait de questions.

Aujourd’hui ? Multipliez par 2.5 minimum. Parfois par 3. Et encore quand c’est en stock parce que la disponibilité… n’en parlons pas.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Tensions sur la chaîne d’approvisionnement (encore et toujours), concentration du marché entre quelques gros fabricants, demande qui explose avec l’IA et le machine learning… tempête parfaite.

Et le pire — accrochez-vous — c’est que ça va probablement PAS revenir à la normale. Genre jamais.

Les analystes de marché (ces gens mystérieux qui prédisent l’avenir avec leurs graphiques Excel) s’accordent pour dire que même si les prix vont baisser un peu dans les prochains mois, on reverra jamais les 95 euros du bon vieux temps. La nouvelle norme va se situer plutôt autour de 150-180 euros pour 32 Go.

Joie.

Alors, verdict final ?

(Parce que vous avez scrollé jusqu’ici en cherchant la réponse claire et nette)

Si vous montez un PC gaming d’entrée ou milieu de gamme — disons jusqu’à 1500-1700 euros — OUI, 16 Go c’est viable. Pas idéal, pas ce qu’on recommanderait dans un monde parfait, mais VIABLE.

Les pertes de performances moyennes restent marginales (5-10% grand max), le framerate moyen tient la route, et l’argent économisé réinvesti ailleurs (GPU notamment) va vous apporter bien plus.

Par contre — et c’est important — considérez ça comme une solution TEMPORAIRE. L’objectif reste d’atteindre 32 Go dès que possible. Pour la stabilité des percentiles bas, pour le confort en multitâche, pour la tranquillité d’esprit.

Si vous montez une config haut de gamme au-dessus de 2000 euros… franchement payez les 32 Go direct. À ce niveau de budget, rogner 160 balles sur la RAM pour économiser c’est un peu comme acheter une Ferrari et mettre de l’essence sans plomb 95 dedans pour économiser 3 centimes au litre. Ça a pas de sens.

Pensées finales en vrac

C’est quand même dingue qu’on soit obligés d’avoir cette conversation en 2026 non ? Genre on devrait être en train de discuter si 64 Go c’est overkill ou pas, pas se demander si 16 Go ça passe encore…

La pénurie de DDR5 révèle un truc intéressant quand même: la RAM n’est PAS toujours le facteur limitant qu’on croit. Surtout en haute résolution où GPU et CPU prennent le relais.

C’est presque rassurant de savoir qu’on peut s’en sortir avec moins. Même si idéalement on devrait pas avoir à faire ces compromis.

Et puis bon, les SSD modernes qui sauvent la mise avec la mémoire virtuelle… c’est la preuve que la technologie avance de manière imprévisible. On compense les pénuries d’un composant par les progrès d’un autre. C’est beau quelque part.

Maintenant la vraie question c’est: vous allez faire quoi VOUS ? Attendre que ça se calme (spoiler: ça va pas se calmer) ? Cracher 250 euros pour 32 Go ? Ou tenter le coup avec 16 Go en croisant les doigts ?

Moi je sais ce que je ferais — enfin je crois. Probablement. Peut-être.

16 Go maintenant, upgrade plus tard. Dans le pire des cas ça tient la route. Dans le meilleur des cas les prix baissent un peu et vous complétez à moindre coût.

Mais bon, c’est vous qui voyez. Chacun sa route, chacun son destin, chacun sa config RAM.

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