Un PC gaming qui écrase les AAA à 1440p, tient la route en 4K — et franchement, il est beau à regarder tourner. Peut-être trop beau. On vous explique pourquoi on a failli regretter de l’avoir éteint.
Soyons honnêtes deux secondes. Quand on reçoit un carton de composants à assembler — la carte mère, le CPU encore dans son emballage antistatique, les ventilateurs en vrac avec leurs petits sachets de vis — il y a toujours ce moment bizarre, entre l’excitation et une légère angoisse. Comme déballer un puzzle de 10 000 pièces sans regarder la boîte. Ce build-là, pourtant, c’était différent. Dès qu’on a sorti le boîtier Thermaltake Vue370 de son carton, on a su que quelque chose de spécial se préparait.
Alors voilà ce qu’il faut retenir avant tout le reste.
Le verdict — parce que vous n’avez pas toute la journée
Ce build est une réussite. Probablement la meilleure configuration 1440p du moment. La RX 9070 XT surpasse la RTX 5070 Ti en rastérisation pure, à un prix inférieur — et AMD a clairement mis Nvidia sous pression. Le 9800X3D, lui, est une sorte d’assurance-vie pour les prochaines années. Le boîtier est superbe, original, bien conçu. Seule vraie déception : le logiciel Thermaltake pour les écrans LCD intégrés — fonctionnel, certes, mais laborieux. On y reviendra.
Pourquoi ce build — et pourquoi maintenant ?
Le marché des GPU en 2025, c’est… compliqué. Les prix fluctuent, les stocks se font rares par intermittence, et Nvidia a discrètement retiré la RTX 5070 Ti de son catalogue peu après l’arrivée fracassante de la 9070 XT. Ce n’est pas un hasard. AMD a frappé fort — très fort — avec une carte à 16 Go de mémoire, une rastérisation qui dépasse ce que la concurrence propose dans cette tranche de prix, et un FSR qui, même s’il reste en retrait face au DLSS, fait le boulot.
Concernant le CPU — le Ryzen 7 9800X3D — il faut être transparent : à 4K pur, ce processeur est techniquement au-dessus du niveau de la carte. James lui-même le reconnaît, et c’est honnête de sa part. Mais si vous jouez en 1440p, si vous touchez au compétitif, si vous avez envie de frôler les 165 Hz ou les 240 Hz dans vos titres e-sport favoris… là, le cache 3D fait toute la différence. La fréquence d’images ne ment pas. Pour un usage exclusivement 4K, un 7800X3D de l’ancienne génération ou même un Ryzen 5 9600X suffiront — et vous économiserez un billet non négligeable.
Note au passage : la mémoire DDR5 est toujours en pleine période de tension tarifaire. Si vous avez déjà des barrettes AM5, gardez-les pour l’instant. Les prix finiront par se stabiliser — ils le font toujours.
La configuration complète
| Composant | Pourquoi ce choix |
|---|---|
| Processeur — AMD Ryzen 7 9800X3D | Cache 3D, socket AM5 — roi du 1440p compétitif |
| Carte mère — Gigabyte Aorus X870 Elite Wi-Fi 7 | Bon rapport qualité/prix sur X870, coloris neutre, PCIe Gen 5 |
| Mémoire — 32 Go DDR5 Thermaltake | Slots 2 et 4 — dual channel, installation sans drama |
| Stockage — Kioxia Xeria Plus G4 — 2 To | Gen 5 malgré le nom trompeur « G4 » — performances solides |
| Carte graphique — RX 9070 XT modèle Aorus | 16 Go VRAM, meilleur GPU de sa gamme de prix |
| Refroidissement — Thermaltake Mag Curve 360 Ultra | AIO 360 mm, écran LCD courbe, montage AM5 natif |
| Alimentation — Thermaltake Tough Power PT 850 W | 80+ Platinum, ATX 3.1, PCIe Gen 5.1 — 10 ans de garantie |
| Boîtier — Thermaltake Vue370 TG ARGB | Verre panoramique 3 faces, fans inversés, support GPU 420 mm |
L’assemblage — ou comment ne pas perdre la tête
La carte mère d’abord (comme toujours)
L’assemblage commence hors boîtier — parce que c’est toujours plus simple comme ça, et parce que personne n’aime visser dans un espace confiné avec un tournevis qui glisse. Le CPU se place dans le socket AM5 en alignant les triangles gravés sur le processeur et la carte mère. Ça clique. La mémoire prend les slots 2 et 4 — attention, la face sans étiquette est orientée vers le CPU, et l’encoche est décalée, ce qui évite les erreurs de sens. Le SSD Kioxia s’insère dans le slot M.2 supérieur — toolless, le mécanisme de verrouillage s’engage tout seul. Deux secondes, pas de vis, pas de stress.
Le boîtier Vue370 — l’aquarium qui mérite mieux qu’une comparaison facile
Ce boîtier, sincèrement, mérite qu’on s’y attarde. L’idée du verre panoramique sur trois faces n’est pas nouvelle en soi — mais l’angle asymétrique des panneaux latéraux, lui, est une vraie nouveauté sur le marché. Ça donne une silhouette qu’on ne confond avec aucun autre boîtier mid-tower. Tous les panneaux s’enlèvent sans outil. Le bloc de trois ventilateurs 120 mm ARGB à pales inversées est déjà installé sur le côté — et ça, c’est un détail qui compte, parce que les fans en intake sur le flanc font des miracles pour les températures GPU.
À l’intérieur, les entretoises de carte mère sont pré-positionnées. Deux d’entre elles sont légèrement surélevées — une subtilité qui facilite vraiment l’insertion du bouclier arrière et évite le moment frustrant où on force en essayant de tout aligner en même temps. Neuf vis, trois rangées, et la carte mère est en place.
L’alimentation — et ces fameux câbles
850 W, 80+ Platinum, ATX 3.1. Pour la 9070 XT, 750 W auraient suffi — les 100 W supplémentaires offrent juste une marge de sécurité agréable si vous ajoutez des périphériques ou envisagez une future mise à niveau. Ce qui est plaisant chez cette alimentation : les câbles modulaires arrivent pré-peignés dans la boîte. Pas la même qualité que des extensions aftermarket haut de gamme — soyons clairs — mais suffisamment propres pour qu’on n’ait pas à dépenser en plus.
Le câblage suit une logique précise : les câbles CPU en haut à gauche de la carte mère (deux connecteurs, les deux, pas juste un), l’ATX 24 broches sur la droite, et les connecteurs de façade en bas — JFP1, HD Audio, USB 3 Type-A et Type-C. Ce dernier est plus compact mais plus épais que le Type-A. Il prend place légèrement au-dessus sur le bord droit de la carte mère.
Le watercooling — et le moment où on réalise qu’on l’a monté à l’envers
Le Mag Curve 360 Ultra est un AIO avec un écran LCD… courbe. Oui, comme le boîtier. Coïncidence ? Clairement pas. L’écran se monte séparément, après le bloc pompe. Les ventilateurs fournis ont une particularité intéressante : les pales sont interchangeables à la main — on pousse, elles sortent, on pousse les pales inversées, elles rentrent. Utile pour harmoniser les fans en intake avec ceux du radiateur en exhaust.
Le montage AMD utilise le backplate stock de la carte mère — aucune modification, aucune pièce supplémentaire. Une noisette de pâte thermique sur le CPU, le bloc pompe qui vient se clipser sur le backplate, deux vis en croix serrées uniformément. Et là — moment gênant — on se rend compte qu’on a installé le bloc dans le mauvais sens. L’écran est à l’envers. On détache, on pivote, on re-serre. Ça arrive. Le câble de la pompe se range discrètement derrière le radiateur, qui prend place en haut du boîtier en position d’extraction.
La carte graphique — en dernier, comme une récompense
La RX 9070 XT — modèle Aorus pour matcher la carte mère — s’insère dans le slot PCIe principal. Un clic, deux vis de fixation. Ce qui se complique, c’est l’alimentation : trois connecteurs PCI à câbles séparés, avec le fameux « pigtail » — ce connecteur supplémentaire sur un des câbles. C’est laborieux. C’est franchement pénible à organiser proprement. Nvidia a adopté le Gen 5 sur ses cartes récentes ; on espère sincèrement qu’AMD et les fabricants de boîtiers suivront rapidement.
Les benchmarks — les vrais chiffres
Réglages élevés dans tous les titres. Températures stables, pas de throttling observé. Voilà ce qu’on a mesuré :
| Jeu | Résolution | FPS moyen | Remarque |
|---|---|---|---|
| Battlefield 6 | 1440p Élevé | 166 FPS | Tellement fluide qu’on envisage le 4K |
| Resident Evil Requiem | 1440p Élevé | 151 FPS | 1% lows impressionnants, pas de décrochage |
| Cyberpunk 2077 | 1440p Benchmark | 156 FPS | La référence qui permet de tout comparer |
| Marvel’s Rivals | 4K Élevé | 80 FPS | Jouable — mais le 1440p s’impose ici |
| Pragmata | 4K Élevé | 86 FPS | La résolution vaut le sacrifice de FPS |
| Arc Raiders | 4K Élevé | 106 FPS | Le meilleur compromis 4K du test |
En 1440p, c’est une domination tranquille. La machine ne transpire à aucun moment — et c’est presque dommage, parce qu’on voudrait la voir souffler un peu pour justifier tout ce qu’on y a mis. En 4K, le tableau est plus honnête : Arc Raiders passe la barre des 100 FPS sans effort, Pragmata et Resident Evil flirtent avec elle, mais Marvel’s Rivals rappelle que les jeux compétitifs récompensent souvent plus une résolution réduite et une fluidité maximale qu’un rendu 4K à 80 FPS.
Un mot sur le logiciel : Les écrans LCD du boîtier et de l’AIO fonctionnent — mais l’interface Thermaltake pour les configurer est franchement en retard sur la concurrence. Attendez-vous à passer un peu de temps à tâtonner avant d’obtenir le rendu que vous voulez. Ce n’est pas rédhibitoire. Mais c’est honnêtement le point faible de ce build.
Ce qu’on retient, vraiment
Ce build, c’est la démonstration qu’on n’a pas besoin de claquer le budget d’un billet d’avion en première classe pour avoir un PC gaming qui fait exactement ce qu’on lui demande — et plus. La RX 9070 XT est probablement la carte qu’AMD attendait depuis des années pour s’imposer vraiment face à Nvidia. Le 9800X3D est un CPU qui vieillit bien, voire mieux que prévu. Et le Vue370… eh bien, il y a des soirs où on allume le PC juste pour regarder les ventilateurs tourner dans le noir.
C’est peut-être la meilleure chose qu’on puisse dire d’un build.


