AMD Ryzen 9 9850 X3D : Dieu est mort, vive le nouveau Dieu

Et si on arrêtait de faire semblant que c’est normal ?

Franchement. Franchement. AMD vient de faire quelque chose d’assez dingue — ils ont décidé de se battre contre eux-mêmes. Et de gagner. Encore. Le 9850 X3D débarque comme un uppercut dans la mâchoire du 9800 X3D, qui lui-même avait mis KO le 7800 X3D il y a pas si longtemps. C’est une sorte de cannibalisme technologique assumé, presque philosophique si on y réfléchit deux secondes — une entreprise qui détruit sa propre création pour prouver qu’elle peut faire mieux. Sisyphe avec un budget R&D de plusieurs milliards.

Mais bon. La vraie question — celle qui démange tout le monde depuis l’annonce — c’est : est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Ou est-ce qu’on est encore en train de payer une fortune pour 14 FPS de plus dans un jeu qu’on lance une fois par mois ?

Spoiler : c’est un peu des deux. Et c’est là que ça devient intéressant.

Ce qui change. Ou pas vraiment. Enfin si, mais…

Okay soyons honnêtes — sur le papier la différence entre le 9800 X3D et le 9850 X3D elle est pas énorme. 400 MHz de boost en plus, on passe de 5,2 à 5,6 GHz. C’est tout ? Non c’est pas tout, mais presque. Ce qui change vraiment — et c’est là où AMD est malin, vraiment malin — c’est la capacité à maintenir ces fréquences hautes dans le temps. Pas juste un pic à 5,6 GHz pendant 0,3 secondes puis retour à la réalité. Non. Une stabilité fréquentielle dans les scénarios à faible utilisation des cœurs — c’est-à-dire le gaming, justement, où on sollicite rarement plus de 4 ou 5 cœurs en simultané.

Le cache L3 reste identique. 96 mégaoctets de cette technologie X3D empilée en 3D qui ressemble à de la magie noire pour quiconque a étudié l’architecture CPU. C’est ce cache — cette espèce de réservoir géant de données ultra-rapide collé directement sur la puce — qui donne aux X3D leur personnalité si particulière dans les jeux. La mémoire est là, immédiate, comme avoir le dictionnaire tatoué sur la rétine plutôt que posé sur une étagère à l’autre bout de la pièce.

Et il est overclockable. Théoriquement. Mais overclocker un chip déjà poussé à fond par AMD en usine… c’est un peu comme essayer de courir plus vite que Usain Bolt en lui attachant des poids. Vous pouvez essayer. Bonne chance.

Les benchmarks. Attachez vos ceintures.

Tout a été testé avec une RTX 5090 — on y reviendra parce que cette carte c’est une autre histoire, une histoire avec beaucoup de zéros — 32 Go de RAM à 6 000 MHz, et CapFrameX pour capturer les données. Cinq jeux. Des milliers de frames analysées. Voilà ce qu’on a trouvé.

Arc Raiders à 1080p : 242 FPS en moyenne. Le 9950 X3D ? 7 FPS derrière. Le 9800 X3D ? 14 FPS derrière. C’est pas rien. À 1440p les choses se resserrent — le 9950 X3D avec ses cœurs supplémentaires commence à peser dans la balance. À 4K… on s’en fout un peu, le GPU fait tout le travail de toute façon.

Battlefield 6 — là c’est du sérieux. 228 FPS à 1080p, 18 FPS de mieux que le 9800 X3D. Dix-huit. Sur un seul titre. Premier de toute la classe, AMD et Intel confondus. Mais — et c’est là où ça devient bizarre — à 1440p le 9800 reprend l’avantage. Quatre frames. Quatre. Et à 4K le 7800 X3D se retrouve mystérieusement en tête du classement ce qui n’a strictement aucun sens logique mais voilà, les benchmarks font ce qu’ils veulent parfois.

Call of Duty Black Ops 7 : résultats mitigés en moyenne à 1080p — le 9850 X3D se fait coiffer au poteau par le 9950, le 9800 et même le 7800 X3D sur les FPS moyens. Humiliant ? Non. Parce que sur les percentiles bas — les fameux 1% lows qui déterminent si votre jeu ressenti est fluide ou saccadé — le 9850 X3D excelle. Une expérience plus stable, plus veloutée. Parfois c’est ça qui compte. Parfois.

Fortnite — oh là là. Paramètres compétitifs, 1080p, et le 9850 X3D explose littéralement tout le reste du peloton. Le résultat a été vérifié plusieurs fois sur plusieurs jours parce que franchement personne y croyait. Il tient. C’est réel. Les joueurs compétitifs qui passent leurs nuits sur Battle Royale viennent de trouver leur processeur.

Marvel’s Rivals pour finir : +18 FPS sur le 9800 X3D à 1080p. À 4K — et c’est inhabituel — le 9850 X3D domine encore avec 170 FPS, 15 frames devant le 7800 X3D. Une cohérence rare à cette résolution.

50 dollars. C’est tout.

La différence de prix entre le 9800 X3D et le 9850 X3D tourne autour de 50 dollars — enfin au lancement, parce qu’AMD fait systématiquement la même chose avec ses puces X3D : prix élevé au départ, puis descente progressive et inexorable vers des tarifs bien plus digestes. Le 9800 X3D se vend déjà sous son MSRP. Le 7800 X3D aussi. Ce marché est peut-être le seul segment hardware en 2025-2026 où on peut raisonnablement espérer que les prix baissent — une anomalie dans un écosystème où les GPU ont décidé de coûter le prix d’une voiture d’occasion.

Donc oui, 50 dollars pour le meilleur CPU gaming du monde. C’est honnête. C’est presque choquant d’honnêteté.

La configuration. Une orgie de composants premium.

Parlons du build complet maintenant — parce que tester un 9850 X3D avec une carte mère discount et de la RAM à 4800 MHz ça n’aurait aucun sens, comme mettre du carburant bas de gamme dans une Ferrari. On a donc assemblé une machine qui représente le summum absolu de ce qu’on peut construire aujourd’hui. Préparez vos cartes bancaires — ou plutôt, rangez-les et contentez-vous de regarder.

La carte mère qui cache ses secrets

La Gigabyte Aorus X870 Stealth Ice. Un nom qui sonne comme un personnage de comics et qui se comporte presque comme tel. C’est une carte mère à connecteurs inversés — tous les câbles passent par l’arrière du PCB, complètement invisibles depuis la vitre du boîtier. Le résultat visuel est saisissant : un intérieur vierge, presque chirurgical, d’un blanc immaculé. Les connecteurs sont codés par couleur — ce détail m’a franchement ému — même si personne ne les verra jamais une fois le PC fermé. C’est le genre d’attention au détail qu’on n’attendait pas. Socket AM5, quatre slots DDR5, dissipateur M.2 à levier sans outil, et une VRM suffisamment musclée pour encaisser toute tentative d’overclocking sérieuse.

La mémoire qui brille

G.Skill Trident Z5 Neo RGB, 6 400 MHz, latence CAS 32. Pas la configuration la plus agressive possible mais un compromis fréquence/latence très sain pour ce type de build. Quelques accents noirs sur un kit majoritairement blanc — un choix discutable esthétiquement, on aurait préféré un kit 100% blanc, mais le bandeau supérieur illuminé rachète l’ensemble.

Un SSD dont on n’a pas besoin mais qu’on veut quand même

Samsung 9100 Pro. La version 8 To testée ici est décrite comme « preposterously expensive, completely ludicrous and totally unnecessary » — traduction libre : absurde, déraisonnable et totalement superflue. Et pourtant elle est là. Pour un build comme celui-ci, une version 2 ou 4 To suffira amplement et coûtera déjà suffisamment cher.

Le refroidissement qui surveille lui-même

Fantex Glacia 360 D30X2 — un watercooling all-in-one de 360 mm équipé en série des ventilateurs D30, les meilleurs de la gamme Fantex. Débit d’air, pression statique, look : tout est là. La version X2 ajoute un minuscule ventilateur supplémentaire sur le bloc waterblock pour refroidir la VRM du CPU — une attention bienvenue sur une config aussi sollicitée. Pas d’écran intégré sur le bloc, mais le boîtier compensera largement.

Une alimentation transparente (littéralement)

Lian Li SX1200P. 1200 watts, 80+ Platinum, ATX 3.1, PCIe Gen 5.1. Câbles d’une qualité visuelle rare. Et — détail franchement appréciable — Lian Li a publié les courbes de bruit et de ventilation de façon transparente dans la documentation. Une marque de confiance rare dans une industrie qui aime les promesses vagues.

Le GPU qui redéfinit le concept de « cher »

La RTX 5090 Aorus Master de Gigabyte. Triple slot. Blanc et argent. Absolument monstrueuse de performances — elle écrase la RTX 5080 de façon spectaculaire, ce qui explique pourquoi la 5080 coûte environ un tiers du prix. La 5090 est actuellement la GPU la plus rapide du monde, toutes marques confondues. Elle est aussi dans une catégorie de prix qui dépasse l’entendement — « gone from being expensive to being oh my god expensive » — une formulation qui dit tout.

Pour être honnête : pour 99% des joueurs, une RTX 5080 est largement suffisante. Même une RX 9070 XT offre des performances remarquables pour qui upgraderait depuis une GTX 1080. Mais dans ce build, dans ce contexte de test extrême, il fallait la 5090. Pour pousser le 9850 X3D dans ses derniers retranchements. Pour ne rien laisser sur la table.

Le boîtier qui parle

Le Fantex Evolve X2 Matrix. Visuellement, c’est la pièce qui vole la vedette à tous les autres composants — ce qui est dire. Des panneaux de matrices LED dissimulés derrière des grilles perforées grises, invisibles à l’œil nu quand ils sont éteints. Activés, ils affichent des métriques système en temps réel — températures CPU, fréquences, tout — des animations, des GIFs, des messages personnalisés. Le logiciel NextLink permet une personnalisation poussée avec des widgets configurables. C’est gadget. C’est inutile. C’est génial.

La gestion thermique repose sur trois ventilateurs en intake par le bas, le radiateur 360 mm en extraction par le haut, et un 120 mm à l’arrière — une configuration qui assure une pression d’air quasi neutre dans l’enceinte.


L’assemblage : la vraie vie, pas un tutoriel YouTube

Construire ce PC n’a pas été une promenade de santé. La carte mère à connecteurs inversés impose d’être installée en premier — avant le CPU, avant la RAM — ce qui inverse complètement les réflexes habituels de tout constructeur expérimenté. Une décoloration inquiétante sur les tubes du watercooling a semé le doute pendant quelques minutes — rien d’humide, mais le stress était réel. La RTX 5090 en triple slot s’est coincée sur lupport anti-affaissement du boîtier avant de trouver sa place — disaster averted, comme on dit. Et le câble d’alimentation GPU a dû passer par le dessus de la carte faute de passage disponible en dessous.

Des petits accrocs. Des moments de doute. Une vraie session de build, quoi.


Alors, on achète ou pas ?

Le 9850 X3D est le meilleur CPU gaming du monde. Point. Ce n’est pas une opinion, c’est ce que montrent les chiffres sur cinq jeux différents à trois résolutions. Ses gains sur le 9800 X3D sont modestes — personne ne va prétendre le contraire — mais ils sont réels, constants, et cohérents.

Pour un joueur compétitif en 1080p, pour quelqu’un qui possède un écran 360 Hz et veut chaque frame possible, pour celui qui refuse par principe de ne pas avoir le meilleur : oui, le 9850 X3D est la réponse. Pour les autres — les 1440p, les 4K, les joueurs occasionnels — le 9800 X3D reste une merveille absolue, et le 7800 X3D demeure un rapport qualité/prix difficile à battre.

Et si vous pouvez attendre ? Attendez. Les prix vont descendre. Ils descendent toujours.

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