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Mods photoréalistes : quand transformer son jeu vire au cauchemar technique (mais quel cauchemar magnifique)

Alors voilà. On a passé des semaines – littéralement des semaines – à installer des dizaines de mods sur des jeux qu’on connaît par cœur. Cyberpunk, GTA, Skyrim… Le résultat? Franchement spectaculaire par moments, complètement raté à d’autres. Mais surtout : épuisant.

Vous les avez sûrement vues passer, ces vidéos. Celles où GTA 5 ressemble à… je sais pas moi, à la réalité filmée avec une RED Camera ou un truc du genre. Des millions de vues, des commentaires du style « omg c’est de la folie », et nous, derrière nos écrans, on se dit : mais comment ils font?

Spoiler alert (si on peut encore appeler ça un spoiler en 2026): c’est compliqué. Vraiment très compliqué, parfois ça marche pas du tout, et ces gars-là dans les vidéos virales… ils vous montrent QUE les bons moments. Les 5% où tout fonctionne parfaitement.

Cyberpunk 2077 ou comment installer 72 trucs pour que ça plante (puis que ça marche)

Premier cobaye : Cyberpunk 2077. Déjà beau de base, certes – CD Projekt a quand même fait du bon boulot après le lancement catastrophique, faut le reconnaître. Mais David Pankratz (oui c’est son vrai nom, et non ce n’est pas une référence volontaire au jeu) a réussi l’exploit d’installer pas moins de 72 mods différents.

Soixante-douze !

Le truc c’est que… ça marche? Genre vraiment bien même. Les routes – attendez que je vous explique les routes parce que c’est dingue – les textures des routes atteignent un niveau de détail où on voit presque les gravillons individuels. Les reflets dans les flaques d’eau donnent cette impression bizarre où pendant deux secondes ton cerveau se demande si c’est pas une vraie flaque filmée et collée dans le jeu (spoiler : non, c’est juste très bien foutu).

Path tracing activé, évidemment. Parce que bon, si on va dans le délire des mods photoréalistes autant y aller à fond non?

Les chiffres qui font mal (au porte-monnaie)

111 images par seconde. En 3440 x 1440. Avec le DLSS en qualité.

Ça paraît cool dit comme ça mais… on parle d’une config avec une carte graphique qui coûte probablement plus cher que ma première voiture. Et l’écran ASUS PG34WCDN utilisé pour les tests (cinquième génération, technologie QD-OLED toussa toussa) – je veux même pas savoir le prix. Enfin si, je le connais, et c’est… ouais.

La liste vient de Nexus Mods principalement, ce qui est à la fois rassurant (communauté établie, mods testés) et stressant (conflits potentiels partout). L’astuce selon David : se concentrer sur les mods environnementaux pour avoir le maximum d’impact visuel avec le minimum de fichiers. Intelligent.

Y’a un mod juste pour les phares des bagnoles. UN MOD. JUSTE. POUR. LES. PHARES.

Et vous savez quoi? Ça change TOUT. La façon dont la lumière interagit avec l’environnement, les ombres qui bougent correctement quand vous tournez… c’est ces petits détails qui font que votre cerveau dit « ok c’est réel » au lieu de « ok c’est joli ».

La caméra immersive première personne ajoute des tremblements – comme dans Body Cam ce jeu qui devait révolutionner le gaming et qui est toujours en early access (classique). Mais l’effet marche bien ici, ça donne vraiment cette sensation de… présence? Je sais pas comment dire autrement.

LUT, Reshade, et autres termes barbares

Alors là accrochez-vous parce que ça devient technique (ou pas, j’essaie de vulgariser mais bon).

Les LUT – Lookup Tables pour les intimes – c’est genre des filtres sur-vitaminés qui changent complètement l’ambiance d’une scène sans tuer vos performances. Pratique ! Un outil appelé LUT Switcher permet de changer ça à la volée, comme si vous passiez d’un filtre Instagram à un autre sauf que c’est dans votre jeu et que c’est bien plus subtil (enfin, ça dépend des LUT mais passons).

La version vanilla de Cyberpunk est… comment dire… saturée? Très jaune parfois, surtout avec certaines conditions météo. Les LUT custom corrigent ça, ou complètement changent l’atmosphère selon vos préférences – y’en a une qui s’appelle « Supernova » et franchement le nom est pas volé.

Puis y’a Reshade. Ah, Reshade. L’outil préféré de tous les moddeurs qui veulent faire du post-processing fancy. Ici utilisé principalement pour la profondeur de champ – cet effet de flou artistique qui fait que l’arrière-plan devient tout doux comme dans un film hollywoodien.

Sauf que.

(Et y’a toujours un « sauf que » avec les mods)

Ça floute aussi une partie de l’interface utilisateur. Ce qui est… bof? Visuellement c’est magnifique, pratiquement c’est parfois chiant. Compromis, toujours des compromis.

La vérité derrière le marketing visuel

Voici le truc qu’on vous dit pas dans les vidéos à 3 millions de vues: ils cherry-pickent comme des malades.

Genre vraiment. Ils trouvent LE spot parfait, avec LA météo parfaite, le modèle de voiture qui a les meilleures textures, l’angle de caméra idéal… et BOOM, vidéo virale. Mais essayez de vous balader dans Night City normalement et… c’est moins impressionnant. Toujours mieux que la version de base hein ! Clairement. Mais pas « omg c’est la réalité » à chaque coin de rue.

Les textures de sol par contre – et je reviens là-dessus parce que ça m’a vraiment marqué – sont constamment incroyables. Les flaques d’eau aussi, qui au lieu de ressembler à des cercles parfaits comme dans 99% des jeux (pourquoi d’ailleurs? les flaques réelles sont jamais parfaitement rondes) ont des formes organiques, naturelles.

Maintenant le truc qui fait mal: la VRAM.

12 Go dans une scène simple. Plus de 16 Go au milieu de la ville. En 4K ça monterait probablement vers 18-20 Go selon David, et là on parle d’exigences qui éliminent d’office une énorme partie des joueurs. Ma RTX 3070 avec ses 8 Go pleurerait dans un coin… enfin elle pleurerait si elle pouvait ressentir des émotions, ce qui soulève des questions philosophiques intéressantes sur la conscience artificielle mais je m’égare.

GTA 5 : le drame des mises à jour qui cassent tout

Deuxième test. GTA V.

Et là, instant tristesse absolue: ça marche pas.

Enfin plus précisément les mods sont pétés à cause d’une mise à jour récente du jeu. Script Hook V – l’injecteur crucial pour faire tourner la majorité des mods visuels – est incompatible avec la dernière version. Et on peut rien faire à part attendre.

Attendre que quelqu’un, quelque part (probablement bénévolement) mette à jour son outil pour qu’il fonctionne avec la nouvelle version du jeu. Ça peut prendre des jours. Des semaines même, parfois.

C’est LE problème avec les jeux qui ont des updates régulières, particulièrement ceux avec du contenu online. Rockstar sort un patch pour GTA Online? Vos mods single-player explosent en vol. Tous. D’un coup. Et vous devez tout réinstaller une fois que les outils sont mis à jour.

Frustrant est un mot trop faible. C’est… démoralisant? Ouais. Voilà.

Skyrim – parce qu’évidemment on allait parler de Skyrim

The Elder Scrolls V: Skyrim. Le jeu le plus moddé de l’histoire du jeu vidéo (probablement), avec ses 147 versions différentes sur 82 plateformes… j’exagère à peine.

Ironiquement la liste de mods pour Skyrim était plus courte que celle de Cyberpunk. Mais PLUS compliquée à installer. Beaucoup plus, genre exponentiellement plus.

Le lanceur de base de Skyrim? Oubliez. Insuffisant. Vortex de Nexus Mods devient obligatoire – et même là c’est galère. La liste « Ultimate Immersion » propose des centaines de mods possibles… on a sélectionné que les plus impactants parce que franchement qui a envie de passer trois semaines à installer des fichiers?

Quand la nature virtuelle dépasse (presque) la vraie

Mais alors le résultat.

Oh. Mon. Dieu.

La végétation explose littéralement en termes de détail – chaque feuille, chaque branche, chaque petit bout de mousse sur les rochers a l’air… vivant? Real? Les deux à la fois. L’eau subit une transformation complète, l’éclairage est repensé de A à Z grâce au programme ENB (plus configurable que Reshade apparemment, avec plus d’options de réglages fins).

Les poteaux avec leurs lanternes affichent une résolution où on voit les détails du métal. Sur un jeu de 2011. C’est fou quand on y pense.

DynDOLOD – ce mod au nom imprononçable – recompile tous les LOD (Level of Detail, pour ceux qui suivent pas). En gros ça veut dire que les montagnes au loin gardent leur beauté au lieu de ressembler à des triangles flous. Les fameux « LOD pops » où soudainement un objet passe de moche à beau en une fraction de seconde? Éliminés, ou presque.

Les texture packs 4K et 8K sur Skyrim fonctionnent incroyablement bien justement parce que c’est un vieux jeu – les assets originaux étaient tellement basse résolution que les remplacements modernes font une différence spectaculaire immédiate.

Mais évidemment c’est pas tout rose

L’ordre de chargement des mods. Cette carte affichée dans le launcher qui montre tous les conflits entre fichiers. On dirait un diagramme de réseau informatique après une attaque DDoS.

Pire encore: l’éclairage nocturne. Hyper-réaliste certes, mais tellement sombre que certaines zones deviennent injouables. Littéralement on voit rien, c’est le noir total. Réaliste? Oui la vraie nuit sans lune est effectivement très sombre. Pratique pour jouer? Absolument pas.

Et puis le jeu est bloqué à 60 FPS – des mods existent pour déverrouiller ça mais attention! Le moteur physique du Creation Engine (ce glorieux moteur bugué que Bethesda refuse de remplacer depuis des lustres) pète complètement au-dessus de 60. Les objets commencent à voler, les NPCs traversent les murs…

Bethesda et les bugs, une histoire d’amour éternelle.

L’installation a pris une journée et demie. Avec QUATRE réinstallations complètes du jeu. Quatre ! Parce que des trucs cassaient, des conflits apparaissaient, des textures refusaient de charger…

La comparaison avec vanilla (même en édition anniversaire, tout au max) est brutale. L’eau originale ressemble à… de la gelée brillante? La végétation est statique, peu dense, franchement moche. Les rochers ont l’air dessinés avec trois polygones.

Mais vous savez quoi? À l’époque ça nous semblait révolutionnaire. J’me souviens encore de ma première sortie de Helgen, regardant la vallée en contrebas, et pensant « wow c’est le plus beau jeu que j’ai jamais vu ».

Nostalgie, quand tu nous tiens.

Crysis – le comeback surprise

Dernier test: Crysis. L’original de 2007. Celui qui faisait fondre les PCs.

Et… surprise! C’est le plus simple à modder. De loin même.

Le pack « Crisis Enhanced » (pas Crysis, Crisis, allez comprendre) est une solution tout-en-un. Instructions claires, installation straightforward, aucune complication majeure. Crytek avait conçu le jeu avec le modding en tête dès le départ – menu natif pour gérer les mods et tout.

Résultat visuel? Pas au niveau de Skyrim moddé peut-être, mais franchement impressionnant pour un jeu qui va avoir 20 ans bientôt (mon dieu j’me sens vieux). La végétation dense, les textures améliorées, et surtout – SURTOUT – l’eau avec ses vagues qui ondulent naturellement et son écume qui se forme sur les bords…

137-140 FPS en 1440p ultrawide. Sur une RTX 5090 ok, mais quand même. Quelques saccades au début quand les assets se chargent, puis ça se stabilise autour de 100 pour les 1% lows ce qui est honnête.

Le HDR automatique de Windows fait des miracles ici. Le soleil à travers les arbres, les contrastes entre zones sombres et lumineuses… sur l’écran ASUS certifié True Black 500 VESA c’est juste… chef’s kiss.

Vanilla Crysis tient quand même étonnamment bien la route visuellement parlant. Crytek était vraiment en avance sur leur temps – peut-être TROP en avance vu que personne pouvait faire tourner leur jeu correctement pendant des années.

Le vrai coût (et je parle pas que d’argent)

Le temps, cette ressource précieuse

Skyrim: 1 jour et demi. Quatre réinstallations.

Cyberpunk: probablement similaire si on compte toute la recherche préalable.

GTA: N/A parce que pété, mais probablement des heures de frustration à venir quand les mods seront mis à jour.

C’est ça la réalité du modding poussé. Pas les 5 minutes de vidéo YouTube montrant le résultat final. Les heures – les JOURS – passés à télécharger, installer, tester, crasher, réinstaller, retester…

La méthode recommandée par David (qui a clairement souffert): installer 2-3 mods maximum à la fois. Lancer le jeu. Vérifier que tout fonctionne. Répéter.

Installer 15-20 mods d’un coup? Recette pour le désastre. Tout casse, et après bonne chance pour identifier LE mod responsable parmi les 15 nouveaux.

Patience. Attention aux détails. Lecture minutieuse des prérequis et instructions.

Ça semble évident dit comme ça, mais après 6 heures à installer des fichiers votre cerveau commence à prendre des raccourcis dangereux.

L’arnaque des packs payants (ou pas vraiment mais quand même)

On a investigué les packs de mods payants sur Patreon. Verdict?

Mouais.

La plupart c’est juste des listes de mods gratuits de Nexus, avec un preset Reshade custom. C’est tout. Vous payez pour… de la curation? Un gain de temps?

Techniquement les créateurs mentent pas sur ce qu’ils offrent. Et y’a du travail derrière – tester les combinaisons, créer le preset Reshade, écrire les instructions. Un service, quoi.

Mais honnêtement? Avec un peu de recherche et de temps vous pouvez faire pareil gratuitement. L’info est là, disponible, les tutoriels existent en masse.

À vous de voir si votre temps vaut plus que le prix demandé (souvent 5-10 dollars par mois).

Hardware: la barrière invisible

Au-delà du temps y’a l’aspect matériel qu’on peut pas ignorer.

VRAM qui explose. CPU qui sue. Carte graphique qui hurle. Et un écran de qualité devient presque obligatoire pour vraiment apprécier – à quoi bon des textures 8K sur un moniteur 1080p de 2015?

L’ASUS PG34WCDN des tests coûte une fortune. Dalle QD-OLED cinquième gen, format RGB stripe (fini les problèmes de texte flou des générations précédentes), HDR True Black 500… c’est du premium.

Nécessaire? Non. Mais la différence est visible, tangible.

Alors, verdict? (la question à 1000 balles)

Première partie: laissez tomber

David est catégorique: première découverte d’un jeu = zéro mod.

La direction artistique originale mérite d’être expérimentée telle que conçue. Les développeurs ont passé des années à peaufiner l’atmosphère, les couleurs, l’ambiance générale. Respectez ça d’abord.

Deuxième partie par contre? Troisième? Ou retour après 10 ans? Là GO, moddez comme des fous.

C’est rafraîchissant de revoir un univers familier transformé. Nouvelle perspective, nouveaux détails à découvrir…

Le cherry-picking est réel

On le répète parce que c’est important: les vidéos virales sont mensongères par omission.

Pas mensongères dans le sens « fake » – les images sont réelles. Mais elles montrent QUE les meilleurs moments. Les spots optimaux, la météo parfaite, les angles étudiés…

Jouer réellement avec tous ces mods c’est bien, c’est mieux que vanilla, mais c’est pas un orgasme visuel constant non plus.

Compromis partout, tout le temps

Profondeur de champ aggressive = superbe en screenshot, chiante en gameplay.

Éclairage nocturne réaliste = beau mais injouable.

Effets visuels = masquent parfois l’interface.

Un testeur l’a dit parfaitement: rendre quelque chose plus réel ne le rend pas forcément meilleur. L’équilibre entre beauté et jouabilité est délicat, fragile, facile à ruiner.

J’me souviens de mes phases où je passais des heures à installer Reshade sur de vieux jeux, ajoutant du ray tracing via des shaders, peaufinant la profondeur de champ… Les screenshots étaient magnifiques. Injouables par contre – trop de flou, trop d’effets, la visibilité dans le caniveau.

Le modding photoréaliste c’est… compliqué. Pas impossible, pas réservé aux experts, mais clairement pas plug-and-play non plus.

Ça demande du temps (beaucoup). De la patience (énormément). Des compétences techniques (un minimum). Une tolérance élevée à la frustration (indispensable).

Les échecs font partie du processus. Crashs inexpliqués, conflits mystérieux, textures qui refusent de charger, performances en chute libre…

Mais.

(Y’a toujours un « mais »)

Les communautés de moddeurs sont incroyables. Des gens qui bossent gratuitement, par passion pure, pour maintenir des jeux vieux de 10+ ans non seulement jouables mais magnifiques. Ils repoussent les limites techniques, explorent des possibilités que les devs originaux n’avaient pas envisagées.

Skyrim existe toujours en 2026 en grande partie grâce à eux. Leur contribution au patrimoine vidéoludique est inestimable, littéralement.

Pour ceux qui hésitent: commencez petit. Apprenez progressivement. Expérimentez sans peur – vous casserez pas votre PC, au pire vous détruirez votre install du jeu (d’où l’importance des sauvegardes).

Et si l’idée de passer 36 heures à configurer des fichiers .ini vous fait fuir en courant… profitez juste des jeux tels quels. C’est pas grave. Vraiment.

Parce qu’au final un jeu c’est pas QUE des graphismes. C’est le gameplay, l’histoire, les émotions ressenties, les souvenirs créés. Les mods photoréalistes c’est du bonus, du supplément, pas le cœur de l’expérience.

Mais quel supplément magnifique quand ça marche.

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